Au-delà de la retraite, l’Article 82 constitue un outil de fidélisation à long terme.
En liant une partie de l’avantage à la durée de présence dans l’entreprise, il contribue à sécuriser la relation entre l’entreprise et ses talents clés, tout en valorisant une vision de long terme.
Depuis l’entrée en vigueur de la loi PACTE et la création des nouveaux dispositifs de retraite (PERO, PERECO, PER individuel), l’Article 82 est parfois perçu comme un mécanisme dépassé. En réalité, il n’a pas vocation à disparaître, mais à s’adresser à des situations bien spécifiques.
L’Article 82 conserve tout son intérêt lorsque l’entreprise souhaite mettre en place une retraite supplémentaire ciblée, sans logique collective ou obligatoire. Il s’adresse principalement aux structures qui veulent distinguer certains profils stratégiques, comme les dirigeants ou cadres clés, en leur offrant un avantage différé inscrit dans une vision de long terme.
Ce dispositif est particulièrement pertinent lorsque l’objectif n’est pas d’uniformiser la protection retraite, mais de renforcer l’engagement et la fidélisation de profils dont la valeur repose sur leur expertise, leur rôle managérial ou leur contribution stratégique à l’entreprise.
Il reste également adapté dans les entreprises où la mise en place d’un PERO ou d’un PERECO ne répond pas pleinement aux enjeux internes, soit en raison de la taille de la structure, soit du besoin de flexibilité dans la gestion des bénéficiaires. Dans ce contexte, l’Article 82 offre une solution plus souple, permettant d’individualiser les engagements sans bouleverser l’équilibre global de la politique de rémunération.
Enfin, l’Article 82 peut conserver une réelle pertinence dans les entreprises disposant déjà de dispositifs historiques, lorsque leur remise en cause serait plus complexe ou moins avantageuse qu’une adaptation raisonnée. Dans ce cas, l’enjeu n’est pas de remplacer systématiquement l’existant, mais de vérifier sa cohérence avec les objectifs actuels du dirigeant et de l’entreprise.